Publié par Sylvain Labbe le 12 novembre 2017 à 08h25

Dupont, une étincelle dans la nuit

XV de France

Antoine Dupont dans ses oeuvres face aux All Blacks avec 7 défenseurs battus et 90 mètres parcourus ballon en mains. Qui dit mieux ? Evidemment personne chez les Bleus.

Dupont, une étincelle dans la nuit

Malgré la nouvelle défaite (18-38) du XV de France face aux Al Blacks, Antoine Dupont, pour sa première titularisation avec les Bleus, a trouvé le moyen d’être élu homme du match. Peut-être le seul motif de satisfaction côté tricolore.    

Seule étincelle tricolore dans la nuit noire d’une première période, où des Bleus inexistants ont scellé le sort de leur premier test-match de l’automne, perdu (18-38) face aux All Blacks ce samedi, au Stade de France, Antoine Dupont (20 ans, 4 sélections) a trouvé le moyen d’être élu meilleur joueur de la rencontre dans un contexte si peu favorable. Avec ses premiers galons de titulaire et du haut de ses 20 ans, le demi de mêlée toulousain a notamment initié le réveil tricolore après la pause.  

"On se devait de réagir à la mi-temps après une période où l’on n’existe pas, expliquait à chaud, au micro de France Télévisions, celui que l’on compare déjà à Jacques Fouroux ou Jérôme Gallion (*). On est dominés, donc on savait que ça allait être très compliqué de gagner le match, mais au moins on voulait se rattraper sur l’état d’esprit en deuxième mi-temps. (…) A la mi-temps, on s’est tous regardés dans les yeux et c’est le cœur qui a parlé sur cette entame de deuxième mi-temps et on s’est rattrapés". Lui certainement un peu plus que ses coéquipiers tant il a crevé l’écran au cœur du marasme tricolore en première période, puis encore après la pause avec cette percée monumentale sur laquelle la défense all black se déchire totalement sans qu’Anthony Belleau, trouvé sur une passe acrobatique en complet déséquilibre, malgré le plaquage haut de McKenzie, ne parvienne à conclure l’initiative de son compère de la charnière (46e). 

En début de deuxième mi-temps, @a_dupont9 montre la voie. #FRANZ#SoutiensLeXVpic.twitter.com/9gAryRLN4a

— FF Rugby (@FFRugby) 11 novembre 2017

"Tout le monde a un minimum d’honneur", lance-t-il pour justifier cette indispensable réaction. Mais tout le monde n’a pas les cannes de Dupont. Ses appuis dévastateurs. Une fois, deux fois, trois fois, l’ancien Castrais, sans compter, a placé l’un de ses démarrages au ras dont il a le secret. Sa ligne de statistiques jusqu’à sa sortie du terrain à la 73e minute de jeu, remplacé par Baptiste Serin, parle pour lui et en dit long sur sa capacité à sortir (vraiment) du lot avec pas moins de sept défenseurs battus et 90 mètres de progression ballon en mains.

Beaucoup trop seul…

"On connaît ses qualités dans les un contre un et sur les duels, commentait le Rochelais Kevin Gourdon, trop spectateur comme l’ensemble de ses partenaires des ruades du minot. C’est ce qu’il a fait aujourd’hui, il a joué à fond ses duels qu’il avait à jouer, il nous a mis dans l’avancée." Encore fallait-il suivre son sillage…

Un "Super Dupont", "capable de faire avec peu de choses de grosses différences", selon Guy Novès qui voit en lui "un garçon qui progresse" et forcément marque des points. Pas plus impressionné par des All Blacks qui "n’ont rien fait d’exceptionnel" et se sont contentés d’être "juste pragmatiques", l’intéressé n’est pas du genre à verser dans l’autosatisfaction: "J’ai quand même fait pas mal d’erreurs, assure-t-il en détaillant avec précision les rares scories de son match. A l’image de l’équipe, j’ai aussi commis beaucoup d’imprécisions. Il y aura donc beaucoup à revoir collectivement, mais aussi personnellement." Une chose est sûre: on risque de le revoir très vite. "C’était mon premier match (en tant que titulaire), donc je pense qu’il n’y avait personne qui me connaissait encore. C’est peut-être un atout pour moi d’être inconnu." Un anonymat qui, à ce rythme-là, ne risque pas de durer.
 ---------------------------------------------
 (*) Le second, qui comptera 27 sélections avec les Bleus de 1978 à 1996, succédera au premier qui, lui, en totalisera le même nombre, avant d’endosser le costume de sélectionneur de 1981 à 1990. 

Réagissez

L'actu rugby en bref

RSS