Publié par Sylvain Labbe le 13 novembre 2017 à 07h35

Gourdon: "A la limite de la faute professionnelle"

XV de France

Kévin Gourdon (27 ans, 14 sél.) a été désigné meilleur international français pour la saison 2016-2017.

Gourdon: "A la limite de la faute professionnelle"

Meilleur joueur du XV de France la saison dernière, Kévin Gourdon ne peut pas admettre que les Bleus se fourvoient comme lors des 40 premières minutes produites samedi, au Stade de France, face aux All Blacks. "Ils n’ont pas besoin de ça pour être bons", s’agace le Rochelais.    

Kévin, y a-t-il seulement des regrets d’avoir produit une telle première mi-temps face aux All Blacks ?
 Des regrets, je ne sais pas, mais c’était catastrophique, à la limite de la faute professionnelle, ce n’était pas ce qu’on voulait produire en termes d’intensité de jeu. On est passés complètement à travers, on les a regardés jouer, et puis ils n’ont pas besoin de ça pour être bons. On n’a quasiment pas eu la balle à part sur l’essai qu’on marque (Teddy Thomas, 27e). A la fin, ça fait quarante…

Picamoles ou Guirado, ces tauliers qui "amènent les autres au fond du ravin" https://t.co/oAo2xvL4uipic.twitter.com/zwo6ktf4Hz

— Europe1 Sports (@sports_fr) 12 novembre 2017

Comment expliquer une telle faillite dans la situation actuelle du XV de France ? Il y a urgence de résultats et vous étiez prévenus, non ?
C’était plus collectif qu’individuel. On a eu très peu la balle déjà et on n’a pas été assez agressif pour les mettre sous pression. Et ils ont juste déroulé pour marquer des essais trop facilement. C’est dommage parce qu’on voulait vraiment montrer un autre visage.

On imagine vos regrets teintés d’amertume parce qu’on ne sentait pas non plus ces All Blacks euphoriques… Et qu’il y avait peut-être un coup à jouer, on l’a vu en seconde période…
De toute façon, quand on tient le ballon, on est dangereux ; c’était également le constat de l’an dernier. Mais on ne peut pas se contenter de jouer quarante minutes, il faut être capables de produire ce qu’on a produit en seconde mi-temps pendant tout un match, et alors peut-être qu’on ne sera pas loin.

Ce résultat dès le premier test de la tournée vous met une grosse pression avant les retrouvailles avec les Springboks samedi prochain…
La pression de toute façon, on l’a tout le temps. Peu importe le match. Les Sud-Afs arrivent, on en a pris trois fois quarante pendant la tournée d’été (*) et il va falloir bien préparer ce match pour essayer de jouer vraiment à notre niveau sur un match entier. 

Si on vous dit que depuis un an l’équipe de France donne la nette impression d’être en régression…
Il y a eu énormément de turnover par rapport à l’an dernier. Il ne faut se chercher des excuses non plus. On a été défaillants sur une première mi-temps et on a eu que ce qu’on mérite. Il y a un an, à l’issue de la tournée, les choses positives, c’était notre jeu debout, nos velléités offensives, et on a vu sur cette seconde mi-temps qu’on était capables de reproduire ces séquences même quand le ballon est mouillé et que le temps  ne s’y prête pas. Si on est capables de faire ça à tous les matches, on peut être très dangereux. Il faut rester positif parce que tout n’est pas à jeter. Je veux juste qu’on ne soit pas en réaction et qu’on soit acteurs de ce qu’on fait pour prouver qu’on vaut bien mieux que notre première mi-temps.   

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(*) Trois défaites en trois tests lors de la tournée d’été (37-14, 37-17, 35-12).  

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