Publié par Sylvain Labbe le 25 juin 2017 à 11h45

L’aveu terrible des Bleus: "On n’est pas invités"

XV de France

Kévin Gourdon (ici au côté de Romain Taofifénua), révélation de la saison sous le maillot bleu, mais transparent lors de cette tournée. Ou le symbole d'un XV de France qui patine, voire même régresse...

L’aveu terrible des Bleus: "On n’est pas invités"

A l’issue d’une tournée en Afrique du Sud, conclue samedi sur un zéro pointé face aux Boks, les joueurs de l’équipe de France, plus impuissants que jamais, reconnaissent les premiers ne pas être en mesure de rivaliser avec les meilleures nations mondiales.

De la constance des Bleus dans la performance: 37-14, 37-15, 35-12. On verse dans le cynisme à la lecture du bilan brut du XV de France à l’issue de cette nouvelle tournée d’été cauchemar en Afrique du Sud. Pour ne pas pleurer à devoir accepter l’idée que les coéquipiers de Guilhem Guirado, loin des espoirs suscités par le dernier Tournoi des 6 Nations, achevé sur le podium (3e), ont réussi l’exploit de relancer des Springboks pourtant au fond du trou en ce début de saison dans l’hémisphère sud, dont l’Afrique du Sud reste, jusqu’à preuve du contraire dans le prochain Rugby Championship (ou Four Nations), la nation la plus faible. 

Après avoir osé relever une progression de ses joueurs à l’issue du deuxième test perdu à Durban, Guy Novès préférait réserver la primeur de ses commentaires aux principaux intéressés et ne pouvait samedi, à Johannesburg, au terme du plus mauvais match de la tournée, que reconnaître cette fois la supériorité de ses vainqueurs. Mais ne relevait que l’aspect physique et athlétique, sur lequel les Français ont failli, oubliant que son équipe, même si la conséquence est toute trouvée, a si peu existé dans le jeu, en particulier lors de ce dernier test, quand les Boks ont démontré leur capacité à faire évoluer leur registre.

Des (grandes) vacances, vite !

"De ce point de vue (athlétique), ils restent une équipe impressionnante. Parce que très efficaces en se servant de cet aspect physique, plus la fraîcheur qu’ils ont pu emmagasiner en ce début de saison ; je trouve que cette équipe est devenue très efficace quand elle rentre dans le camp adverse." Cette efficacité qui continue de faire toujours autant défaut aux Tricolores. "Donc à nous de travailler."

Mais cette équipe de France, après tant de retard accumulé, part de très (trop ?) loin… Et même les principaux intéressés ne se bercent plus d’illusion. "Dans le jeu, physiquement et athlétiquement, on n’est pas invités", reconnaît Kévin Gourdon, révélation de la saison sous le maillot bleu, mais transparent en ce mois de juin et symbole d’une équipe qui patine, voire même régresse… "C’est le cas, il ne faut pas non plus chercher midi à quatorze heures et se trouver toutes les excuses du monde. Aujourd’hui, on n’est pas invités et j’espère qu’on va essayer de combler cet écart qui nous sépare…" Sans aucune certitude à deux ans maintenant de la prochaine Coupe du monde 2019 au Japon, les Bleus sont condamnés à vivre d’hypothétiques espoirs.      

Novès aussi mise sur l’avenir et sur cette intersaison de 10 semaines (au lieu de 8) offerte désormais aux internationaux par le nouvel avenant à la convention FFR-LNR: "L’aspect le plus positif, c’est de prendre conscience du travail individuel qu’il nous reste à faire pour se rapprocher de ce genre d’équipes, explique-t-il. On repart les valises pleines de points, c’est une évidence. Mais l’équipe de France, comme l’équipe des Springboks, qui était au fond du seau il y a quelques temps, va partir en vacances, parce que je crois que les joueurs en ont besoin ; et j’espère que les semaines qui ont été mises en place pour nous permettre de progresser vont nous permettre de rivaliser dans le futur avec cette équipe-là."

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