Publié par Sylvain Labbe le 15 juin 2017 à 16h50

Laporte vient parler du pays à "la génération qui ne gagne rien" 

XV de France

Laporte vient parler du pays à "la génération qui ne gagne rien" 

Bernard Laporte, sur le point de débarquer à l’improviste en Afrique du Sud, entend remettre dans le droit chemin des joueurs qu’il a jugé indignes du maillot bleu lors du premier test de la tournée du XV de France. La réaction crispée de Guy Novès n’a pas tardé…

Cette fois, c’est sûr, l’avis de gros temps est tombé ! Dans les colonnes de L’Equipe ce jeudi matin, Bernard Laporte sort de ses gonds. Un premier coup de gueule en tant que président de la Fédération Française de rugby (FFR) qui vise les joueurs d’un XV de France passé au travers dans le premier des trois tests de la tournée en Afrique du Sud, perdu dans les grandes largeurs (37-14) à Pretoria par les Bleus de Novès, désormais le sélectionneur au pire bilan depuis 1996 et l’avènement du rugby pro avec, à mi-chemin de deux Coupes du monde, déjà un neuvième revers en seize matches (*).

#XVdeFrance Nos Bleus ont à cœur de renouer avec la victoire le week end prochain! Ils sont remontés #soutienslexvpic.twitter.com/Hqdctci9OZ

— FF Rugby (@FFRugby) 14 juin 2017

Je vais en parler... en parler avec les joueurs calmement: veulent-ils être la génération de l'équipe de France qui ne gagne rien ?

Nous y voilà donc, Laporte en poste depuis six mois, le président de la FFR troque, comme il fallait s’y attendre, le costume pour le survêtement du coach et du sélectionneur qu’il fut en son temps pour commenter la performance et donc le constat d’échec de Novès et de ses joueurs. Allant même jusqu’à rappeler son propre bilan, « Bernie » souligne qu’"on a fait un Tournoi très moyen", appuie sur la réussite des coéquipiers de Guirado lors de la victoire à l’arraché face aux Gallois (20-18), avant de sortir la sulfateuse… Un avant-goût du discours qu’il promet aux Tricolores à sa descente de l’avion samedi, à quelques heures du coup d’envoi du deuxième test de Durban. Et déjà ça pique ! Avec une question: "Je vais en parler... en parler avec les joueurs calmement: veulent-ils être la génération de l'équipe de France qui ne gagne rien ?", interroge-t-il.

Le retour de "Bernie"

"Je ne leur parlerai pas de technique, le staff est assez compétent pour ça. Je vais leur parler de l'essentiel du rugby: si on veut gagner, il faut être performant individuellement. Samedi dernier, j'ai vu trop de mecs qui ont failli. Quand tu portes le maillot de l'équipe de France, tu n'as pas le droit de faillir. On n'a pas le droit de manquer les plaquages, les duels. Ce n'est pas possible. Pas possible !" Ça vous rappelle quelque chose ? Laporte enchaîne: "Je ne parle que d'état d'esprit. Quand on prend trois essais en dix minutes, encore une fois, il faut sérieusement s'interroger. Soit, individuellement, on n'est pas au niveau et il faut avoir le courage de se le dire. Soit, on a failli dans l'état d'esprit. D'autant que j'ai rarement vu une équipe d'Afrique du Sud aussi moyenne. (…) Certaines choses sont inadmissibles. Il y a ce que l'on appelle des fondamentaux au rugby: ne pas perdre les duels, être déterminé. Sincèrement, à certains moments, je ne sens pas qu'il y a des mecs déterminés et passionnés par ce maillot de l'équipe de France. Et c'est ça qui m'agace."

Invité forcément à réagir sous le soleil de Durban à cette sortie au vitriol, Guy Novès, qui conserve la confiance de son président – "il est hors de question de le remettre en cause" -, assure qu’il ne lit pas les journaux… "Je ne suis pas au courant. Je ne vais pas répondre à ça. J’ai toujours considéré qu’un entraîneur entraîne, qu'un joueur joue, qu'un dirigeant dirige et qu'un président préside. S’il considère en tant que président qu’il faut parler aux joueurs, on verra. En attendant je ne suis pas au courant".

On devine néanmoins une forme de crispation sur cette intervention présidentielle: "C’est un président qui a joué au rugby, qui a été entraîneur, sélectionneur, donc qui a quand même un grand nombre decompétences, a-t-il lancé lors d'une conférence de presse, relayée par Infosport+. Je pense qu’avant de s’exprimer face aux joueurs, il s’exprimera avecmoi. Cela paraît logique. On a une relation qui doit être forte. Après, s'il peut amener une valeur ajoutée au système, tant mieux. Mais je vous avoue que ce genre de match se prépare en amont. Pas comme ça, ce n'est pas un simple discours qui transforme un individu à mon avis". Des deux explications de texte, on n’est pas certain de savoir laquelle sera la plus tendue…

Penaud, première https://t.co/8uy5EeXfx7pic.twitter.com/FECZ0sPplL

— Europe1 Sports (@sports_fr) 15 juin 2017

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 (*) Skrela (5 défaites), Saint-André et Lièvremont (7), Laporte (8).   

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