Publié par Sylvain Labbe le 18 mars 2017 à 21h35

M. Barnes et les Bleus, c’est toujours… "hollywoodien" !

XV de France

Guilhem Guirado a tenu à féliciter M. Barnes qui, selon lui, a su "garder son sang-froid". Mais le capitaine tricolore aurait-il tenu le même discours si les Bleus avaient perdu ce match ?

M. Barnes et les Bleus, c’est toujours… "hollywoodien" !

Dix ans après un inoubliable quart de finale de Coupe du monde, remporté… (20-18) face aux All Blacks à Cardiff, l’arbitre anglais Wayne Barnes a lié un peu plus encore sa carrière au XV de France en offrant le plus improbable final qui soit à la victoire des Bleus sur le pays de Galles samedi, au Stade de France (20-18).

Cette semaine déjà décoiffante pour le rugby français méritait un final à la hauteur. On a été servi samedi, au Stade de France, où le terrain a repris ses droits. Et les Bleus de Novès ont su conclure leur Tournoi des 6 Nations par une victoire sur le pays de Galles (20-18) qui change tout ou presque au bilan des coéquipiers de Guilhem Guirado, assurés de décrocher un premier podium depuis 2011. 

L’année d’un dernier succès face aux Gallois en Coupe du monde. Mais c’est bien un autre Mondial que le scénario haletant de ce match arbitré par Wayne Barnes a fait resurgir. Pas un supporteur français n’a oublié les coups de sifflet, tant décriés à l’époque, du directeur de jeu anglais lors d’un quart de finale perdu en 2007, à Cardiff, par les All Blacks contre un XV de France de Bernard Laporte pourtant donné perdu d’avance. Score final ? 20-18 ! Déjà.  

Il se passe donc toujours quelque chose avec M. Barnes. Qui a fait basculer cette fin de match dans l’irréel avec ces presque vingt minutes de temps additionnel, ou très exactement 19"55, au cours desquelles l’arbitre va faire durer le plaisir. Pas moins de neuf mêlées jouées successivement au pied des poteaux gallois. Un XV du Poireau réduit à quatorze, suite au carton jaune du pilier Samson Lee. Qui aura même le temps de revenir en jeu !

Dupont (déjà) comme un grand

"Vingt minutes d’extra-time, je crois que ce n’est jamais arrivé et je pense qu’aucun d’entre nous ne pourra revivre ça un jour. Surtout avec une issue pareille", souligne Damien Chouly à la conclusion de cet essai que M. Barnes, refusant de prendre ses responsabilités, n’a pas cru bon d’accorder à des « gros » qui méritaient pourtant l’essai de pénalité. "Je n’entends pas grand-chose parce que je crois qu’il y a une pile de joueurs sur moi. Mais dès que je vois que j’ai passé la ligne, ça fait plaisir. Parce qu’on est quelques-uns à avoir trop vécu ce genre de matches où on est venus mourir à quelques points. Avec une frustration immense. De pouvoir basculer cette fois du bon côté, c’est déjà un grand soulagement et un grand pas en avant."

On ne sait pas si son capitaine Guilhem Guirado est sérieux ou ironique lorsqu’il déclare: "Je veux féliciter l’arbitre qui a réussi garder son sang-froid. Ce n’était pas facile. Il a su rester maître et prendre la bonne décision." Le talonneur dirait-il la même chose si le match avait été perdu ? "On ne savait pas trop comment ça allait se terminer parce qu’on avait beau faire des efforts énormes, il y avait un petit moment de doute, reconnaît Louis Picamoles. On sait la débauche d’énergie que ça suppose pour nos avants. On s’est dit qu’il fallait aller se le chercher parce que l’arbitre ne nous le donnerait pas." Bien vu. Malgré les réclamations d’un Yoann Maestri, au relais de son capitaine sorti du terrain, M. Barnes va rester intraitable. Et les Bleus ne rien lâcher.

Tous au diapason, à l’image du jeune Antoine Dupont (20 ans) qui, au cœur de ce pilonnage en règle de la ligne d’essai galloise, n'imaginait pas disputer 28 minutes de jeu lorsqu'il remplaça Baptiste Serin à la... 72e minute ! Le petit taureau castrais ne va pas s’enlever et même être à la pointe de ce combat. Comme un grand. "Je n’avais jamais connu ça avant. La pression est intense, on la ressent sur le terrain. C’est quand même un sentiment particulier. On sait qu’il faut marquer, mais il faut être patient et ne pas faire n’importe quoi." On a suffisamment reproché à ces Bleus de ne pas maîtriser leur jeu dans la zone de vérité pour ne pas saluer cette issue…  

"Une fin un peu hollywoodienne, admet Rémi Lamerat, l’auteur du premier essai tricolore. On a déjà connu ça, pour certains, sur des matches de phase finale avec des prolongations. Mais là, sur un match du Tournoi, avec un peu de flou, sur les rentrées ou les sorties des piliers, c’est vrai que niveau tension, on était au comble. La victoire aurait, quoi qu’il arrive été belle, mais de cette façon, c’est encore plus savoureux." Picamoles, lui, en est convaincu, c’est "une victoire qui va nous marquer."

#XVdeFrance@DamienChouly a marqué à la 100ème minute pour une victoire au bout du bout ! Pas mal le selfie #FRAPDGpic.twitter.com/xUHpuPHTxh

— FF Rugby (@FFRugby) 18 mars 2017

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