Publié par Sylvain Labbe le 19 mars 2017 à 07h05

Maestri: "On était arbitrés comme une très petite équipe"

XV de France

Yoann Maestri indique l'évidence: Damien Chouly vient de pointer dans l'en-but et M. Barnes doit se résoudre à accorder l'essai de la victoire aux Bleus. A la 100e minute de jeu !

Maestri: "On était arbitrés comme une très petite équipe"

Si Guilhem Guirado a tenu à féliciter Wayne Barnes à l’issue de l’improbable final, qui a scellé la victoire des Bleus face aux Gallois (20-18), Yoann Maestri, qui a relayé son capitaine sur le terrain, n’a pas manqué de plaquer sévèrement l’arbitre anglais. 

Il y a bien sûr Kévin Gourdon, meilleur plaqueur français sur la pelouse du Stade de France samedi, qui lui préfère prendre ça sur le ton de l’humour lorsqu’il décrit cette fin de match, et ces vingt minutes de temps additionnel, pour l’histoire: "Il fallait rester concentré, on ne pensait qu'à nos mêlées, malgré tous ces quiproquos autour des piliers. C'était une parodie cette fin de match, un million de mêlées, 12 000 changements, c'était n'importe quoi. L'essentiel, c'est qu'on ait gagné", commente le Rochelais, plus indispensable que jamais à ce XV de France.

Et puis il y a Yoann Maestri (29 ans, 55 sélections). Le deuxième ligne tricolore, deuxième joueur français le plus expérimenté au coup d’envoi après Louis Picamoles (31 ans, 61 sél.), a pris sur le terrain le relais de son capitaine Guilhem Guirado, sorti à la 72e minute. Et c’est donc à lui que revient le rôle de gérer cette fin de match folle, au contact de M. Barnes. Le Toulousain raconte cette invraisemblable succession de neuf mêlées à l’avantage des Bleus, sans que l’arbitre anglais ne croit bon d’accorder l’essai de pénalité qui semblait s’imposer…

"Lui, il nous dit que la domination (en mêlée) n'est pas assez claire... Même sur la dernière action de l'essai, il n'y a pas avantage, alors qu'on les écrase. L'arbitre nous dit de jouer le ballon, c'est incroyable ! Vous vous dites que vous pouvez perdre un match comme ça... Quand on joue à l'extérieur, avec des actions pareilles à cinq mètres de la ligne et qu'on est bien arbitrés, nous on le paie cash. Là, on était arbitrés comme une très petite équipe, donc ça fait beaucoup de peine", souligne un Maestri qui n’avait jamais gagné en cinq confrontations face aux Gallois et qui comprend a posteriori que cette première victoire aurait tout aussi bien pu lui échapper...

Il n’avait jamais battu les Gallois...

Avec cette confirmation, si besoin était, que la France n’a pas seulement rétrogradé dans la hiérarchie mondiale (*), mais qu’elle a aussi perdu le peu de crédit qu’elle avait dans l’esprit des arbitres: "Je lui dis« On va aller jusqu'où ? Regardez le temps » Un moment, je lève la tête, on est à la 98e minute et vous vous dites que c'est du délire. Un moment, il faut prendre les décisions... L'essai de pénalité, ça fait partie du rugby. C'est ça le rugby aussi, c’est pas que des essais de trois-quarts, que des fulgurances, il faut aussi savoir jouer la règle. Au foot, un penalty c'est un penalty, un coup franc c'est un coup franc et si vous gagnez là-dessus, il n'y a rien à dire", peste encore un Maestri qui peine presque à savourer ce résultat. 

"En face, ils truquaient chaque mêlée, ils se laissaient tourner. Ça, l'arbitre doit le voir. Les arbitres anglo-saxons, ils sont tout le temps en train de parler de fair-play, mais ils nous prennent surtout pour des gros tricheurs et derrière leur flegme, ils manquent de franchise par moment. (…) Moi, je suis capitaine, je ne peux pas calmer tout le monde. Au bord du terrain, on est à deux doigts de la guerre nucléaire et l'arbitre, il ne bronche pas. Et il se fait harponner par les Gallois toutes les 30 secondes. Nous on ne peut rien lui dire, il ne parle pas français. Il y a toujours une connivence entre eux (les Anglo-Saxons) qui est dérangeante et dans ces moments-là, ça prend toute son ampleur. C'était incroyable ! Il y a un gros sentiment d'injustice. Heureusement que tous les huit (devant), on est allé chercher cette victoire." Heureusement en effet.
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(*) A la faveur de ce court, mais précieux succès en vue du prochain tirage au sort de la Coupe du monde 2019 au Japon, qui aura lieu à Kyoto, le 10 mai, les Bleus gagneront deux places pour pointer au 6e rang dans le classement World Rugby ; ils dépassent leur victime galloise du jour, ainsi que l’Afrique du Sud.  

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