Publié par Sylvain Labbe le 12 février 2017 à 19h45

Novès: "Même avec Saint-André, il n’y avait pas autant d’en-avants"

XV de France

C'est tout le paradoxe de cette victoire, pourtant tant attendue, des Bleus face à l'Ecosse (22-16): Guy Novès n'y a trouvé que peu de motifs de satisfactions.

Novès: "Même avec Saint-André, il n’y avait pas autant d’en-avants"

Le premier à  convenir de la pauvreté du contenu de la victoire sur l’Ecosse (22-16), Guy Novès veut retenir la fin de match enfin à l’avantage du XV de France. Mais le sélectionneur cache mal son agacement lorsqu’on évoque l’idée d’une régression… 

Guy, votre équipe renoue avec la victoire, mais que de crispation avant d’en arriver là…
Sincèrement, on venait de subir trois défaites devant des équipes renommées. Nos contenus ont toujours été de grande qualité. Et c’est vrai que sur le match d’aujourd’hui, j’ai envie de retenir évidemment la victoire, j’ai envie de retenir le dernier quart d’heure de notre équipe, ce fameux dernier quart d’heure qui nous avait fait défaut en Angleterre. Mais si on n’est pas frustré par le résultat, on est frustré par le contenu. Même si les Ecossais ont joué crânement leur chance avec leurs qualités, ils n’ont eux-mêmes pas fait le même match qu’ils ont réalisé la semaine dernière, chez eux, face à l’Irlande ils nous ont vraiment embêtés dans les zones de ruck, où ils ont récupéré beaucoup de ballons. Nous-mêmes, on en a tombés pas mal, on en a perdus trop facilement, on a été faibles dans les zones de marque, notamment dans les 22 mètres. Et ce match-là ne ressemble pas à ceux que nous avons perdus ces derniers temps et cette pression liée au résultat a eu certainement une incidence sur cette équipe.

N’y a-t-il donc selon vous que la victoire à retenir ce soir ?
Je suis profondément heureux pour les joueurs. Parce que la semaine dernière, on était devant à neuf minutes de la fin et on perd ces dix dernières minutes par manque de caractère. Aujourd’hui, dans des conditions similaires, non pas au niveau du jeu, mais au niveau du score, ce dernier quart d’heure a été en faveur de l’équipe de France, donc je suis très heureux par rapport à cela. Parce que dans chaque étape, il y a une évaluation négative ou positive, et dans le positif, je crois que ce dernier quart d’heure nous servira pour la suite.

Les Ecossais avaient annoncé leur intention de vous dominer dans la dimension physique, mais vos joueurs ont fini les plus forts, à l’image d’un Sébastien Vahaamahina (n°1 au nombre de plaquages, 15, et de ballons portés, 11)…
On va évidemment travailler sur le match. Je ne vais pas parler de Sébastien. On me dit qu’il a fait un grand match: sûrement. Il a aussi pris des pénalités au sol parce qu’à une ou deux reprises, il s’est mal positionné  et ça nous a coûté des ballons arrachés ou des pénalités, donc tout n’est pas parfait. Ce que je vais retenir en revanche c’est qu’on a eu une touche fantastique. La question avant le match était de savoir si, avec un changement de joueur (Goujon à la place de Chouly), on n’allait pas subir en touche et la touche a été quasi parfaite. Je dis bien quasi parfaite. J’ai aussi envie de les féliciter sur le registre défensif. Parce qu’on a eu des séquences à subir. Et on savait cette équipe d’Ecosse très dynamique, notamment avec son arrière qui a d’ailleurs encore marqué. Je pense qu’en termes d’organisation défensive, on a été très performants. Mais faire ressortir Sébastien par rapport aux autres, franchement, je n’en ai pas envie. 

Ne craignez-vous pas qu’avec un match aussi laborieux le grand public puisse penser à un retour en arrière, à ce qui faisait il y a encore quelques mois, vers un rugby plus frileux ?
(contrarié) Je vais vous laisser à vos impressions. Ça fait un an qu’on travaille un rugby qui correspond à nos qualités ; c’est en jouant ce rugby-là qu’on a tombé beaucoup de ballons et qu’on a commis beaucoup de fautes. Effectivement, les fautes ont pu donner cette impression négative sur notre jeu. Puisqu’à part un essai, où on tient bien le ballon, il n’y a pas grand-chose à se mettre sous la dent. Alors est-ce que c’est un retour en arrière et est-ce que ça m’inquiète ? Non. Déjà, on a gagné et gagner, je ne suis pas certain que ce soit un retour en arrière. Avec tout ce qu’on travaille à l’entraînement et tout ce qu’on a fait ces dernières semaines, que ce soit en Argentine ou sur nos matches perdus contre l’Australie, la Nouvelle-Zélande et contre l’Angleterre, sur un seul match, dire qu’on revient en arrière, ça me peine un petit peu, notamment pour les gars. Non, on n’a pas du tout l’intention de changer notre fusil d’épaule. On a évidemment l’intention de progresser dans tous les secteurs. Aujourd’hui, je le répète, je retiens ce dernier quart d’heure qui nous est favorable. On a eu une très bonne conquête, mêlée-touche, on a été battus dans les rucks, donc on va en tirer les leçons, d’autant plus avant un déplacement en Irlande que tout le monde attend. Mais c’est la continuité du jeu qui ne peut pas me satisfaire. Quand on a un ballon et qu’en faisant une passe, on commet un en-avant, est-ce que c’est revenir en arrière ? Même avant, avec Philippe (Saint-André), il n’y avait pas autant d’en-avants, donc je ne suis pas certain qu’on puisse comparer les époques.  

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