Publié par Sylvain Labbe le 19 novembre 2017 à 00h15

Novès: "Mon avenir ? Je ne me pose pas la question"

XV de France

Guy Novès a livré une analyse à contre-courant après la nouvelle défaite décevante concédée face aux Boks (17-18).

Novès: "Mon avenir ? Je ne me pose pas la question"

Guy Novès a préféré balayer d’un revers de main l’éventualité d’une démission après la nouvelle défaite du XV de France face aux Springboks. Bien au contraire, le sélectionneur tricolore, parce qu’il constate "que les progrès sont là", considère que "l’avenir n’est pas si noir".   

Guy, votre équipe meurt à un point des Boks, mais elle s’incline aussi pour la 5e fois de rang…
Il y a une première analyse, c’est le fait de consentir beaucoup d’efforts, un gros investissement et finir à un point. Il y a une forme de frustration. La seconde, c’est une analyse plus technique, qui est de notre ressort, le mien en particulier, c’est de voir toutes les fautes commises, qui ne nous ont pas permis de mettre de la vitesse dans notre jeu. Comme notre deuxième essai en seconde mi-temps. La victoire était dépendante de ces fautes-là. Il y a eu des périodes très intéressantes, où on a pu accélérer en tout début de partie ou à la fin, mais entre les deux, il y a eu trop de petites fautes, quelques ballons perdus en touches, dans les airs, arrachés dans les rucks… Le match se finit à un point, donc assez équilibré - l’essai qu’ils marquent nécessite deux minutes d’analyse vidéo - ça ne se joue à rien. Autant contre la Nouvelle-Zélande, on avait le sentiment de s’être « sorti » devant l’adversaire, autant ce soir (samedi), on a eu une équipe de France qui a rivalisé dans l’engagement, même sur les plus grosses séquences des Springboks, où on les a secoués nous aussi. La preuve, on a un deuxième ligne qui sort sur commotion (Paul Gabrillagues), deux joueurs (Picamoles, Gourdon) qui ont joué une grande partie du match avec une entorse de la cheville. Il y a eu un gros engagement.

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Y a-t-il chez vous une forme de lassitude qui naît de cette série noire ?
(direct) De votre part surement, de la mienne, non parce que je sens des choses très intéressantes. La preuve, on meurt à un point. Par expérience, il m’est arrivé d’avoir des séries de défaites dans un grand club qui s’appelle le Stade Toulousain, entre championnat et coupe d’Europe, et ça ne nous a pas empêché d’être présent en demi-finales ou en finale à l’époque. Si on avait pris une leçon de rugby, ça m’aurait touché doublement, mais je pense que les progrès sont là et que l’avenir n’est pas si noir que ça. 

L’objectif de trois victoires sur la tournée fixé par votre président…
(il coupe) Ecoutez, ou vous ne comprenez pas ou vous faites semblant de ne pas comprendre, mais avec tout le respect que j’ai pour vous, vous me fatiguez. Posez la question aux personnes concernées. Je ne me pose pas la question de mon avenir. Je suis père de famille, j’ai trois enfants, tout le monde se porte bien et tout va bien. Je vous remercie de vous soucier de mon avenir. Maintenant, si mon avenir est dépendant des défaites, ce n’est pas moi qui maîtrise mon avenir. Et encore une fois vous poserez la question aux gens qui en ont la maîtrise si vous pensez qu’ils l’ont. 

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— FF Rugby (@FFRugby) 18 novembre 2017

Si l’investissement dans l’engagement est à vos yeux à la hauteur, le déchet technique n’en est-il pas d’autant plus frappant ?
L’évaluation est intéressante parce qu’on a vu que les joueurs français ont quand même livré une bataille importante. L’analyse technique individuelle se fera ce soir, tardivement. Et en début de semaine. On peut effectivement s’appuyer sur ce match. C’est le propre de notre travail. On essaiera de le faire consciencieusement. Il y a plusieurs étapes. Il y a l’étape de la construction… Je remarque qu’on est quand même tombés sur des joueurs (sud-africains) qui restaient sur une grosse défaite en Irlande, donc préparés en conséquence, même l’ambassadeur les a briefés avant le match. Donc les joueurs français ont relevé le défi physique. Je vois des progressions chez certains jeunes joueurs, de moins jeunes ont livré un match de grande qualité, sans citer de noms. Mais mon évaluation est plus intéressante que lors de notre premier match.

La défaite s’explique aussi à travers des fautes bêtes comme ce carton jaune de Serin…
Le carton jaune vient après un ballon qu’on récupère, le ballon était gagné ; l’erreur de Baptiste de retenir le gars par le maillot, lui qui donne l’impression d’être un joueur de maturité, est aussi un très jeune joueur. J’ai vu aussi des joueurs sud-africains retenir nos joueurs et ne pas être pénalisés. Baptiste ne le fait pas pour tuer l’équipe, il a besoin d’apprendre. Tout cela sera débriefé. De là à dire que Baptiste Serin est un mauvais joueur, ne comptez pas sur moi pour le dire.

Comment aborder dans un tel contexte le dernier test face au Japon ?
Il faut croire en nous. Bien sûr l’équipe de France vient de perdre une série de trois tests. On est en train d’avancer, de travailler. On va finir les tests de novembre contre le Japon. Une équipe qu’on va prendre avec beaucoup d’humilité. Et puis on se tournera vers le Tournoi des 6 Nations. Peut-être qu’à partir de là, en croyant en nous, je pense qu’on progressera. Si jamais on est toujours là (sourire).  

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