Publié par Sylvain Labbe le 14 février 2017 à 15h55

Novès face au "french paradoxe"

XV de France

Guy Novès le répète à l'envie, pas question de changer de cap quant au projet de jeu du XV de France. Mais ses joueurs sont-ils capables de gagner avec la manière ?

Novès face au "french paradoxe"

Un XV de France qui joue bien, mais ne gagne pas et se retrouve à déjouer pour… gagner face à l’Ecosse (22-16). C’est toute la contradiction des Bleus de Novès à laquelle le sélectionneur tricolore se retrouve confronté avant d’aller défier l’Irlande. 

Nulle et non avenue. L’idée selon laquelle le XV de France, malgré sa victoire sur l’Ecosse (22-16), aurait consenti à "un retour en arrière" et donc rogné de façon délibérée sur ses ambitions de jeu pour s’éviter un début de crise avec une quatrième défaite de rang dans le Tournoi des 6 Nations, qui pendait au nez des Bleus, n’a pas, mais alors pas du tout plu à Guy Novès. Le sélectionneur, ramené aux pires heures du mandat de son prédécesseur par les observateurs, décidément jamais contents, dément tout reniement: "Sur un seul match, dire qu’on revient en arrière, ça me peine un petit peu, notamment pour les gars. Non, on n’a pas du tout l’intention de changer notre fusil d’épaule."  

Spedding: "On sait qu’on va être critiqués…" https://t.co/5SBsqAUxW9pic.twitter.com/qgfFVBolxQ

— Europe1 Sports (@sports_fr) 13 février 2017

On joue bien mais on perd. On joue mal et on gagne. Lequel est le mieux ?

Pourtant, n’en déplaise à Novès, cette "victoire décourageante", comme la qualifie notre confrère du Figaro Arnaud Coudry, en réponse à ces défaites encourageantes, dont le contenu avait au moins le mérite de promettre des lendemains qui chantent, a ramené au goût du jour une recette bien amère. Celle qui, sous PSA, fondée sur le mode binaire « grosse mêlée et prions… », avait fini par envoyer les Bleus dans le mur lors du Mondial 2015.

Déclic ou… encore des claques en Irlande ?

"On joue bien mais on perd. On joue mal et on gagne. Lequel est le mieux ? La victoire bien sûr !" L’appréciation de Scott Spedding résume à elle seule ce « french paradoxe ». D’une équipe de France qui, trop fragile et limitée pour maîtriser un projet de jeu trop ambitieux pour elle, panique à la première montée d’adrénaline. "A nous de trouver le juste milieu entre être plus discipliné, plus propre et mieux jouer pour gagner ce genre de matches", préconise Gaël Fickou, ce rare spécimen dans les rangs tricolores de marqueur d’essai qu’on mettrait, pour un peu, sous cloche ! Et le trois-quarts centre toulousain d’ajouter: "Bien sûr, si on joue bien et qu’on gagne, c’est plus plaisant. Mais on jouait bien et on ne gagnait pas, là, on gagne, c’est déjà ça…" On n’en sort pas…

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— FF Rugby (@FFRugby) 13 février 2017

Guirado et ses coéquipiers auraient-ils cédé à une forme de facilité en recourant à un jeu restrictif pour s’éviter un début de crise ? "La peur de perdre était présente, c’est certain, assure Novès, qui veut croire à un accès de faiblesse passager, et je pense qu’elle a une incidence directe sur tous ces ballons tombés, perdus. Mais, malheureusement, pour cette jeune équipe, il faut apprendre à maîtriser la pression et aller de l’avant." Le plus tôt sera le mieux, avant d’aller se frotter à l’Irlande dans dix jours. 

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