Publié par Sylvain Labbe le 18 novembre 2017 à 10h28

Novès sur un siège éjectable, Laporte dans un fauteuil 

XV de France

Guy Novès est dans le dur quand Bernard Laporte surfe sur le succès de France 2023.

Novès sur un siège éjectable, Laporte dans un fauteuil 

Si une 5e défaite de rang des Bleus - une première depuis 1982 - face à l’Afrique du Sud ce samedi, au Stade de France (20h45), fragiliserait comme jamais Guy Novès, son président Bernard Laporte, lui, après la conquête de France 2023, joue sur du velours. 

"Je n’étais pas habitué à ça au Stade Toulousain durant 40 ans, mais je ne connaissais pas le niveau mondial, là, j’y suis." On peine à imaginer les conséquences sur l’avenir de Guy Novès à la tête des Bleus dans le cas où les joueurs du XV de France viendraient ce samedi à "trahir" la confiance maintenue par le sélectionneur tricolore pour affronter les Springboks une semaine après la défaite inaugurale face aux All Blacks (18-38).

En attendant, celui qui détient le sort de Novès entre ses mains, et avait fixé à ce dernier pour cette tournée d’automne un objectif de trois victoires en cinq matches aujourd’hui impossible à satisfaire, il boit du petit lait. La situation de Bernard Laporte contraste depuis mercredi, et l’attribution à la France de l’organisation de la Coupe du monde 2023 par World Rugby, avec l’urgence dans laquelle se débat son sélectionneur. Il suffit pour s’en convaincre d’entendre Laporte évoquer aujourd’hui la perspective de la publication du rapport de l'Inspection générale du ministère de la Jeunesse et des Sports chargée de faire la lumière dans l'affaire de favoritisme présumée qui touche le président de la FFR, soupçonné d'avoir fait pression sur la commission d'appel afin de réduire des sanctions contre le Montpellier Hérault Rugby de Mohed Altrad.

"Je n'ai aucune appréhension, a lancé Laporte vendredi matin sur Europe 1. Quand vous avez fait une erreur, vous tremblez, vous avez peur, mais moi je n'ai fait aucune erreur, donc j'attends ça avec beaucoup de détermination et de sérénité, assure-t-il. Chacun fait son métier, les inspecteurs font le leur, je sais ce que c'est, j'ai été secrétaire d'Etat aux sports, je sais ce que c'est l'Inspection générale, donc j'attends avec beaucoup de sérénité." Quant à l’éventualité d’une démission dans le cas où sa responsabilité devait être engagée…

"Je ne démissionnerai pas car je ne suis pas impliqué, donc je ne vais pas envisager des choses qui n'existent pas. Vous croyez que je vais laisser tomber les clubs amateurs qui m'ont soutenu ? Jamais (...) Je suis accusé, mais pas coupable, il n'y a aucune affaire", martèle Laporte. Une assurance quant à son avenir que Guy Novès n’aura pas les moyens de partager dans le cas d’une treizième défaite en vingt-et-un matches, sous l’ère Novès, qui serait aussi la cinquième consécutive (*). Une première depuis 1982.
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(*) Six même si l'on prend en compte la défaite concédée en milieu de semaine, à Lyon, face aux doublures néo-zélandaises (23-28) dans un match qui n'avait pas le statut de test.   

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