Publié par Sylvain Labbe le 12 novembre 2017 à 18h40

Picamoles ou Guirado, ces tauliers qui "amènent les autres au fond du ravin"

XV de France

Guilhem Guirado, isolé en tant que capitaine et leader du groupe France, semble s’épuiser dans ce rôle forcément exposé.

Picamoles ou Guirado, ces tauliers qui "amènent les autres au fond du ravin"

A demi-mots et par métaphore, Yannick Bru, l’adjoint de Guy Novès, a reconnu que les leaders de jeu supposés du XV de France avaient par leur faillite provoquer la nouvelle déconvenue  des Bleus face aux All Blacks samedi, au Stade de France (18-38). 

"On est navré parce qu’on y croyait dur, mais la réalité qui nous a éclaté au visage hier (samedi), c’est que les Néo-Zélandais sont un peu meilleur que nous partout." Voilà donc la révélation apparue à Guy Novès et son staff à la lumière de la nouvelle claque reçue par le XV de France devant son public du Stade de France de la part des All Blacks (18-38). 

Une équipe de rugby, c’est une cordée qui, face à la Nouvelle-Zélande, marche très près du précipice

Un sacré scoop en vérité, mais Yannick Bru, qui s'exprimait ainsi lors d'un débriefing devant la presse remis au goût du jour dimanche matin, après une nuit sans sommeil passée à s'esquinter les yeux devant la vidéo du match de la veille, a eu aussi des paroles moins émollientes au sujet de cet énième camouflet pour les Bleus, même s'il trouve le moyen de tempérer encore son propos sur la transparente première période de ses joueurs: "Je trouve le mot « indigne » trop fort. Les joueurs n’ont pas triché", juge-t-il, cité par rugbyrama.fr. "Les joueurs n’ont pas manqué d’agressivité. Ils se sont envoyés dans le combat. En revanche, on a multiplié les erreurs individuelles, qui ont fragilisé le système, notamment en défense. On s’est suicidé maladroitement à plusieurs reprises. On a des faiblesses sur des contacts. Certaines erreurs sont inacceptables. Elles ont entraîné un naufrage collectif, qui donne une image moche de l’équipe de France, convient-il. Nous ne sommes pas content parce qu’on a vu ne correspond pas à ce qu’on a travaillé." Certaines faillites individuelles n'ont-elles pas sauté aux yeux des entraîneurs ? Bru en convient et emprunte même au Président Macron sa métaphore préférée de "la cordée" (*), sauf que l'entraîneur des avants, lui, se décide à jeter quelques cailloux à ses supposés leaders de jeu.  

Bru comme Macron

"Une équipe de rugby, c’est une cordée qui, face à la Nouvelle-Zélande, marche très près du précipice. Le problème, ce sont ces erreurs individuelles importantes, parfois de joueurs majeurs, qui ont provoqué la chute de la cordée au fond du ravin." Le cas Picamoles est frontalement évoqué après que l’incontournable n°8 tricolore a rendu une copie très quelconque…

"Vous attendez beaucoup de Louis, nous aussi. Je ne vais pas vous parler de nos échanges privés avec Louis. Mais effectivement, les joueurs leader doivent tirer le collectif vers le haut, reconnaît-il. Dans ces moments durs, où on affronte des nations confirmées, Louis doit nous amener de la confiance. Mais je le répète, noyé dans les erreurs des uns et des autres, le collectif ne lui a jamais permis de s’exprimer. Pour être franc avec vous, il y a des matches où j’en ai plus voulu à Louis que sur celui-là." L’isolement d’un Guilhem Guirado, capitaine qui semble s’épuiser dans son rôle forcément exposé, interpelle-t-il ses entraîneurs ? "C’est notre leader incontestable, incontesté. Mais c’est vrai que Guilhem fait une grosse erreur défensive sur le premier essai néo-zélandais et ce n’est pas normal à ce niveau. Je disais que certains joueurs amènent les autres au fond du ravin… sur le coup, il fait une erreur qui n’est pas conforme à son niveau. On lui fera savoir."
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 (*) "Si l'on commence à jeter des cailloux sur les premiers de cordée, c'est toute la cordée qui dégringole", a déclaré Emmanuel Macron pour justifier de moins taxer les plus riches.

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