Publié par Sylvain Labbe le 17 octobre 2012 à 12h10

Plisson, le 3e homme

XV de France

A 21 ans, Plisson est en passe de s'imposer à l'ouverture du Stade Français dans un environnement autrement moins favorable que ses concurrents en équipe de France.

Plisson, le 3e homme

Entre François Trinh-Duc et Frédéric Michalak, la concurrence à l'ouverture du XV de France pourrait être troublée par l'irruption dans le paysage tricolore du jeune Jules Plisson. A 21 ans, le Parisien représente l'avenir à un poste, où le n°10 du Stade Français sait faire ses armes au plus haut niveau dans un contexte difficile.

"De toute façon, un jour ou l'autre, il faudra passer devant les autres." Jules Plisson ne croyait pas si bien dire le 22 septembre dernier, à l'issue d'une précieuse victoire (34-24) sur l'Usap, qui redonnait de l'air au Stade de Français et devait déjà beaucoup à son jeune ouvreur. A 21 ans et après une première prise de contact lors des tests physiques de juin dernier, Plisson, capable cette saison de prendre à Paris le meilleur sur un Felipe Contepomi vieillissant, confirme chez les Bleus, rappelé par Philippe Saint-André parmi les 33 présélectionnés pour les test-matches de novembre face à l'Australie (le 10 novembre), l'Argentine (le 17 novembre) et les Samoa (le 24 novembre). Le mano a mano qui se dessine pour le poste d'ouvreur des Bleus entre le vice-champion du monde François Trinh-Duc et un Frédéric Michalak annoncé en pole après son retour prometteur lors de la tournée de juin aura été, au moins le temps de cette annonce, éclipsé par ce rappel du Parisien, prêt à accompagner ses coéquipiers Pascal Papé et David Attoub au CNR de Marcoussis.

"Je ne m'y attendais absolument pas, a commenté à chaud l'intéressé sur le site du club de la capitale. Pour tout vous dire, il y a trois jours, je ne savais même pas que l'annonce était prévue cette semaine !, avoue-t-il. Je suis vraiment heureux de faire partie de cette liste. C'est Alexandre Flanquart (son coéquipier sous le maillot parisien, appelé lui aussi pour les tests de juin, ndlr), qui me l'a annoncé, mais je suis allé demander confirmation à l'analyste vidéo du club. A partir de ce moment-là, j'ai véritablement réalisé ce qui m'arrivait." Quelques minutes à savourer, avant que les priorités le rattrapent : "Je préfère rester d'abord concentré sur l'objectif de Grenoble ce samedi au Havre (deuxième journée du Challenge Européen), et sur le match contre Toulouse au Stade de France la semaine d'après." Plisson pense à Paris, son club formateur, lui le natif de Neuilly-sur-Seine, où il a su s'imposer depuis ses débuts en équipe de jeunes jusqu'à ce début de saison, qui lui permet d'accumuler le temps de jeu, les feuilles de match en tant que titulaire (4) et les drops avec déjà cinq réalisations à son actif, dont deux lors de ce fameux match face aux Perpignanais qui ont interpellé le sélectionneur.

Elevé à la dure

Il n'évolue pas forcément dans des conditions faciles, mais c'est bien pour lui, il apprend dans le dur à un poste qui impose des responsabilités.

Christophe Laussucq (entraîneur des lignes arrières du Stade Français)

Une première titularisation à Charléty dans un contexte de muerte pour le Stade Français, dos au mur après quatre matches sans victoire, au cours duquel Plisson a fait valoir tout son culot et son envie à un poste qui réclame l'expérience. "L'année dernière, j'avais 20 ans et je ne pouvais pas arriver et m'imposer du jour au lendemain à ce poste-là, rappelle-t-il. Mais cette année, les entraîneurs l'ont dit : il n'y a pas de hiérarchie à chaque poste, donc les meilleurs joueront. (...) On est cinq, six jeunes issus du centre de formation et c'est à nous de prendre les rênes de l'équipe, même si on n'a que 21 ou 23 ans. On joue à des postes clés (le pilier Rabah Slimani, le deuxième ligne Alexandre Flanquart et l'arrière Hugo Bonneval, ndlr)... De toute façon, un jour ou l'autre, il faudra passer devant les autres. A nous de créer une certaine concurrence avec les anciens pour bousculer la hiérarchie." Mission accomplie et à rééditer, si possible, en sélection.

"L'équipe de France était un rêve pour moi", lâche-t-il, conscient que le plus dur, mais aussi le plus excitant est à venir. "Je l'ai côtoyée au mois de juin, mais il manquait tous les finalistes du Top 14. Cette fois-ci je vais être dans un groupe France au complet ! Je serai sûrement très intimidé de côtoyer tous ces grands joueurs, mais je dois y aller sans pression. A moi de faire ce que j'aime, à savoir jouer au rugby." Un jeu et une palette que Plisson enrichit au sein d'un collectif parisien souvent en souffrance, là où ses concurrents chez les Bleus évoluent le plus souvent dans des contextes autrement plus favorables. De quoi inspirer à son coach, Christophe Laussucq, cet éloge : "Jules Plisson, c'est le symbole de notre équipe, un garçon adorable, qui travaille beaucoup et fait ses armes dans le Top 14 et dans le contexte pas facile d'une équipe sous pression, souligne l'ancien demi de mêlée. Il n'évolue pas forcément dans des conditions faciles, mais c'est bien pour lui, il apprend dans le dur à un poste qui impose des responsabilités. Il y a encore du déchet, mais il n'a que vingt ans ! En tout cas, je suis fier de ce qu'il accomplit et de travailler avec lui." Une appréciation que PSA pourrait bientôt faire sienne.   

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