Publié par Sylvain Labbe le 18 octobre 2017 à 10h55

Raka, une polémique en bleu ?

XV de France

Alivereti Raka suivra-t-il ses compatriotes Noa Nakaitaci et Virimi Vakatawa sous le maillot bleu ? La question est posée... 

Raka, une polémique en bleu ?

Révélation sous le maillot de Clermont, Alivereti Raka devrait remplir à moyen terme toutes les conditions d’éligibilité en équipe de France. L’ailier fidjien, boudé par son pays d’origine, peut-il vraiment convaincre Novès ? Rien n’est moins sûr…

A l’annonce de la sélection des 31 joueurs fidjiens retenus pour la prochaine tournée de novembre en Europe, une absence a forcément sauté aux yeux: parmi les onze pensionnaires du Top 14 appelés par le sélectionneur John McKee, dont le Toulonnais Tuisova, le Racingman Nakarawa, le Montpelliérain Nagusa, le Clermontois Leone Nakarawa, les Rochelais Levani Botia et Kini Murimurivalu ou même encore le Toulousain Semi Kunatani, on a eu beau chercher, pas de trace ni de Nemani Nadolo, l’ailier du MHR meilleur marqueur du championnat avec ses 6 essais, ni du Clermontois Alivereti Raka, irrésistible avec Clermont.

Révélation de la dernière saison et grand artisan du titre de champion de France des Auvergnats, Raka a lancé le nouvel exercice sur des bases aussi élevées. Avec six essais en cinq matches de Top 14. Une talonnade l’a bien handicapé quelques semaines, mais le Fidjien, dès son match de reprise, a claqué dimanche un nouvel essai pour lancer son équipe sur le chemin de la victoire face aux Ospreys dans cette nouvelle campagne de Champions Cup.

Bientôt un passeport français

Au lendemain de ce retour gagnant, Midi-Olympique, dans son édition de lundi, a révélé que Raka, qui a rejoint Clermont en 2014 et compte donc trois années de présence dans l’Hexagone, conformément au règlement de World Rugby (*), serait éligible à la sélection avec le XV de France à compter du prochain Tournoi des 6 Nations 2018. Une perspective qui aurait notamment poussé le joueur à solliciter sa naturalisation en tant que citoyen français, lui qui s’est marié à une Française et est le papa d’une petite fille née en France. Ce passeport français de nature à infléchir la position de Bernard Laporte, catégorique lors de son élection à la tête de la FFR dans sa volonté d’interdire l’intégration de nouveaux joueurs étrangers sous le maillot bleu.    

Does the @FFRugby pay the @fijirugby development fees? If not, they should be... #isthelastFinJIFFforFijianpic.twitter.com/h7tSrPAwb9

— Simon Raiwalui (@shanks16131) 16 octobre 2017

Si dans l’absolu, le profil de Raka a de quoi séduire à un poste où Novès a bien du mal à fixer un titulaire indiscutable – ni Nakaitaci, ni Vakatawa n’ont d’ailleurs su s’y rendre indispensable – ce nouveau « rapt » potentiel d’un talent venu du Pacifique fait déjà des mécontents. A l’image de Simon Raiwalui, l’ancien international fidjien aujourd’hui entraîneur des avants du BOPB, qui s’insurge et interroge sur Twitter: "Est-ce que la FFR paye au rugby fidjien les frais de développement ? Si ce n'est pas le cas, elle devrait..." Et lorsqu’on lui rétorque que Raka est un joueur de Nadroga, l’académie soutenue et financée par l’ASM aux Fidji, on sent chez Raiwalui une profonde colère: "La dernière fois que j’ai vérifié, Nadroga n’était pas un département français, note-t-il, agacé. Avant d’ajouter: A moins que vous ne réclamiez maintenant notre terre aussi ?"   

...”He’s a Nadroga player”...last time I checked Nadroga was not a department in France...or are you claiming our land now as well? https://t.co/NFJw0PWAIl

— Simon Raiwalui (@shanks16131) 16 octobre 2017

     

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(*) L’évolution de la règle avec un passage de la durée de résidence de 3 à 5 ans, si elles a été votée, n’est en revanche pas encore entrée en vigueur.   

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