Publié par Sylvain Labbe le 13 septembre 2012 à 14h41

Saint-André est partout

XV de France

Philippe Saint André, ici accompagné de Yannick Bru, à la rencontre de Bernard Laporte à Toulon.

Saint-André est partout

Fidèle à son engagement de visiter l'ensemble des clubs du Top 14, Philippe Saint-André poursuit sa tournée des formations de l'élite et emmagasine les informations en perspective des prochains test-matches de l'automne. Si à l'image du cas Michalak, ses ambitions se heurtent aux contingences du championnat, PSA ne perd pas espoir de voir à terme émerger "un modèle français", comme il l'indique dans un entretien accordé à Sud-Ouest.

L'annonce de la liste des sélectionnés pour les trois test-matches de l'automne du XV de France face à l'Australie (samedi 10 novembre, 21h, Stade de France), l'Argentine (samedi 17 novembre, 21h, Grand Stade Lille Métropole) et les Samoa (samedi 24 novembre, 18h, Stade de France) n'interviendra que le 16 octobre prochain, à Marcoussis, mais déjà Philippe Saint-André est sur le pied de guerre. Un peu plus de deux mois après l'issue victorieuse et rassurante de la tournée des Bleus en Argentine, PSA planche déjà sur ces trois échéances de l'automne et, à moyen terme, sur l'édition 2013 d'un Tournoi des Six Nations, dont le sélectionneur tricolore attend autre chose que la décevante quatrième place qui avait marqué ses débuts à la tête de la sélection tricolore.

Dans un entretien accordé au quotidien régional Sud-Ouest, Saint-André fait le point, lui qui s'est transformé depuis plusieurs semaines, en compagnie de ses deux adjoints, Patrice Lagisquet et Yannick Bru, en globe-trotter du Top 14, fidèle à l'engagement exprimé dès sa prise de fonctions, soucieux qu'il est de prendre le pouls du rugby français là où il est censé battre le plus fort. Dans ces clubs de l'élite, qui fournissent les internationaux et dont les intérêts divergent toujours autant de ceux de cette équipe de France, censée en être sa vitrine.

"Mon souhait est d'établir des relations de confiance, d'échanger avec les entraîneurs et les managers des clubs, souligne-t-il. Qui connaît mieux les joueurs que ceux qui travaillent avec eux onze mois par an ? Nous, nous ne les avons sous la main que onze semaines. Je voulais voir aussi les différentes structures, reprendre contact avec les joueurs qui sont partis avec nous en tournée en juin". Parce qu'ils étaient encore il y a peu tous les trois en poste au sein de ces clubs, parmi les plus huppés du championnat, Saint-André (Toulon), Bru (Toulouse) et Lagisquet (Biarritz) n'ignorent évidemment rien des contradictions de ce système français, toujours aussi bancal. D'où une approche forcément plus sensible et précise de la réalité et du quotidien de leurs interlocuteurs. "Nous avons été très bien reçus. Nous avons eu des discussions franches, riches. En même temps, il ne faut pas se faire d'illusions. Leurs objectifs sont différents des miens, confirme PSA. Avec Yannick (Bru), et Patrice (Lagisquet), on connaît les particularités du Top 14. On sait que les entraîneurs sont sous pression. Ils ont besoin de joueurs en forme maintenant ou en octobre pour ceux qui participent à la Coupe d'Europe. Moi, mon rendez-vous est en novembre. Néanmoins, il est valorisant pour les clubs d'avoir des joueurs qui sont en équipe de France et nos échanges ont été très positifs".

Une liste de 76-78 joueurs

Nous n'aurons que huit jours en commun pour relever le défi de l'Australie.

De ce point de vue, le discours d'un Raphaël Ibanez, soucieux de voir à terme son équipe de l'UBB permettre l'éclosion de ses talents au niveau international, et l'expérience récente d'un Philippe Sella, lui passé de l'encadrement des équipes de France (moins de 20 ans) à Agen, sont sans doute autant de points positifs.

Mais le chemin est encore long, avant que les Bleus ne bénéficient des conditions optimales qui doivent leur permettre d'aborder au mieux leur objectif de victoire finale lors de la prochaine Coupe du monde 2015. Saint-André ne désarme pas, alors que les prochains mois seront autant décisifs sur le terrain que dans la coulisse: "Il faut qu'on invente un modèle français pour permettre aux 32-35 meilleurs joueurs de rivaliser avec les internationaux des autres nations. Nous sommes à la traîne. Il ne faut pas qu'on loupe le coche lorsque la Ligue et la Fédération renégocieront leur convention l'hiver prochain". Mais déjà certains signes sont à ses yeux positifs : "Nous avons pu constater un premier effet « JIFF » (joueurs issus des filières de formation françaises, ndlr), avec l'éclosion d'une nouvelle génération qui pointera son nez dans les 24 mois. Les clubs investissent dans la formation, et j'ai constaté avec plaisir que des espoirs à qui nous avions fait passer des tests physiques en mai comme Plisson, Flanquart au Stade Français, Dubarry à Biarritz et d'autres, commencent à apparaître régulièrement sur les feuilles de match". Alors que le torchon brûle entre joueurs et arbitres autour de la mêlée, là aussi le sélectionneur, plutôt que de crier au loup, positive: "il y a eu du mieux le week-end dernier. J'ai vu de bonnes choses et un temps de jeu effectif en hausse lors de Clermont - Racing-Métro et de Toulon - Bordeaux-Bègles". Mais PSA n'est pas dupe : "Il est certain que lorsqu'on regarde les matches du Top 14 et ceux du Four Nations, ils ne se situent pas dans les mêmes niveaux d'intensité. Cela promet donc d'être compliqué en novembre face à l'Australie qui ne nous a jamais réussi et à l'Argentine qui n'aura jamais été aussi bien préparée".

L'état de grâce, s'il a jamais existé, est bien révolu et les Bleus joueront gros dès novembre : "Nous sommes cinquièmes au classement de l'International Board juste derrière les Anglais. Nous avons une petite chance de leur passer devant. Cela nous permettrait d'être tête de série lors du tirage au sort de la Coupe du monde 2015, le 3 décembre. Nous n'aurons que huit jours en commun pour relever le défi de l'Australie. Alors j'espère voir une équipe de France féroce, ambitionne Saint-André. Reste à savoir si l'on retrouvera vite notre fonds de commerce offensivement et défensivement ou si l'on repartira de zéro". Un doute qui, pour l'heure, n'est pas prêt de quitter les Bleus...

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